Eh oui, c'est nous, Sarhäne et Séléane...

Nous créons ce blog pour partager un peu de notre quotidien magique.

Bienvenue à toi que la curiosité mène ici.

Ad-elfiquement

Les sorcelleuses

Jeudi 5 juin 2008
Nous avons eut la chance, il y a maintenant quelques années, de prendre part à une cérémonie de purification dans une sweat lodge. Ce fut probablement l’une des expériences les plus marquantes de ma vie de sorcière.

Je tiens à préciser que je suis loin d’être spécialiste des traditions amérindiennes et du chamanisme en général. Petit rappel cependant : la sweat lodge était, est toujours d’ailleurs, couramment utilisée par les Indiens aux Amériques. C’est un espace sacré dans lequel se déroulent des rituels de guérison et de purification. Certains l’utilisent également dans le cadre d’une quête de vision. La sweat lodge est une hutte de taille variable (en fonction du nombre de participants, nous pourrions parler ici de la taille de la famille). Elle adopte la forme d’un igloo. Elle est construite en branchages souples (saule), ensuite recouvert de peaux. Dans notre cas, il s’agissait de vieilles couvertures, déposées les unes par-dessus les autres en couches chevauchantes, de manière à ne pas laisser d’interstices. Au centre de la hutte, un trou est creusé, suffisamment profond pour y placer les pierres.

C’était par une belle journée d’été. Un ami chaman nous avait proposé de faire notre première expérience de hutte à sudation. La structure était déjà en place, mais il nous fallut une bonne partie de l’après midi pour établir le campement forestier, correctement agencer les couvertures, récolter le bois pour le feu et surtout dégoter des pierres d’une taille respectable. Puis, en bons païens, nous avons ripaillé et discutaillé jusqu’à la tombée de la nuit. Dame Lune se pare de ses atours, nous allumons le brasier. L’entrée de la hutte lui fait face. De l’autre coté du feu, nous avons installé un autel, pour déposer des offrandes aux esprits du lieu. Nous avons chanté et joué du tambour avant de rentrer sous la hutte. Il fait sombre. Notre ami, à l’aide d’une grande fourche, récupère dans le feu les pierres, chauffées au rouge, et les dépose dans le centre. Nous refermons l’entrée. Les pierres sont des joyaux incandescents et dans leur faible lueur, je perçois encore les visages de mes amis. Puis le chaman jette la première bolée d’eau (diverses plantes y avaient mariné, il me semble me souvenir de l’odeur entêtante de la sauge) et un nuage de vapeur envahi immédiatement l’espace. Je suis là et en même temps je suis déjà loin. J’ai du mal à respirer, mon cœur bat la chamade, il me semble que tout mon corps brule et se couvre d’une fine couche de sueur. Progressivement, nous retrouvons notre souffle. Le chaman continue de chanter et de battre du tambour. La méditation se porte sur trois axes, trois tours de parole successifs : le Féminin, le Masculin, le Tout. Entre chacune de ses méditations, nous avons respirer un peu d’air frais en entrouvrant la porte. Chacun des « tours » nous amène un peu plus loin dans nos limites physiques, plus profondément dans notre psyché. Ce qui s’est déroulé pour moi dans cette hutte tient d’une véritable délivrance mystique. Ma relation au Masculin est problématique, pour ne pas dire houleuse. Comme beaucoup de païens, j’étais heureuse de retrouver ma Déesse, de revendiquer l’existence de mon utérus et de rompre avec le pesant patriarcat. Si j’honorais le Dieu Cerf, c’était plus par acquis de conscience symbolique (j’aime la notion d’équilibre) que par véritable piété. Ce qui s’est amorcé pour moi ce jour là, c’est le début d’une réconciliation avec ce Masculin sacré que j’avais occulté. Quand nous sommes sortis de la hutte, je me sentais purifiée, ressourcée, épuisée de joie.

Au-delà de cette expérience personnelle, de nombreux symboles me touchent. Bien entendu, il existe un rapport évident avec le ventre de la Terre-Mère. Chez les esquimaux, les mêmes noms désignent les différentes parties de l’igloo et de l’anatomie du ventre féminin (la « matrice » pour la partie principale, le vagin pour l’entrée...). Ensuite, la descente à l’intérieur de la Terre jusqu’à ces racines brulantes, de la même manière nous descendons en nous même, laissant tous nos habits-habitudes à l’extérieur de la hutte. A l’intérieur de cet espace, il n’y a plus de pudeur. En cet instant, tous les participants sont étroitement liés, recroquevillé dans cet utérus, unis dans cette expérience mystique, frères. Ensuite, le fait que tous les éléments intègrent se rituel : les pierres au centre, le feu qui anime leurs esprits, l’eau qui les recouvre, l’air brulant qui s’en échappe… Sans doute encore beaucoup d’autres aspects à explorer (le rôle sacré de la sauge, le tambour et la mailloche…).

Hum hum (grattage de gorge embarrassé) quelques recommandations. Nous étions plusieurs et l’un des participants avait une grande expérience de la hutte à sudation. La température monte très haut et peut provoquer des malaises, déshydratation… il est donc nécessaire 1. de ne pas tenter cette expérience seul (être au moins 3) et commencer avec quelqu’un d’expérimenté, 2. de savoir écouter ses limites, 3. de beaucoup boire avant-après (voir pendant les pause). 
Mardi 3 juin 2008

Les plus physionomistes reconnaitront Basile, mais je dois humblement reconnaître que mes talents de photographe culinaire sont euh... limités (doux euphémisme). Voici un petite recette que testée Samedi et que ma foi j'ai trouvé bien rafraichissante :

Ajouter à une tasse d’eau bouillante deux ou même trois feuilles de basilic découpées en lanières, de la cannelle en poudre ou en bâtonnet, une graine éclatée de cardamome, un peu de sucre (roux de préférence). Laisser infuser entre 5 à 10 minutes selon votre goût puis filtrez.

Ce mélange ce boit aussi bien froid que chaud et permettrait de faire descendre la fièvre (personnellement je ne l’ai pas essayé à cet usage). Surtout mieux vaut ne pas pousser sur la cardamome, elle prend facilement le pas sur les autres goûts.

Mardi 3 juin 2008

Voici Basile, le dernier venu à la maison et toujours dans son pot de flotte. C’est un boit sans soif, le basilic. Il faut penser matin et soir à l'arroser ! C’est une plante que j’affectionne particulièrement, autant en cuisine qu’en magie.

Dans le jardin :

Son nom signifie « Plante Royale ». Le Basilic est une plante annuelle et touffue, qui mesure de 20 à 60 cm. Ses feuilles sont larges et odorantes. Le basilic pousse sous les climats ensoleillés, du coup, mieux vaut le mettre à l’abri d’une fenêtre bien exposée (il dépérit en dessous de 10°C). Selon les variétés, il revêt différentes couleurs, du vert sombre au pourpre. Et différentes saveur également : nous avons même gouté un basilic au goût de cannelle (si si ! ocimum cinnamon). Dans le jardin, il fait fuir bon nombre d’insectes nuisibles (moucherons en particuliers).  

Dans la pharmacie :

D’origine indienne, le basilic est très utilisé dans la médecine ayurvédique et chinoise. Comme la plupart des herbes aromatiques, le basilic a des propriétés antioxydantes. Par conséquents, ajouter régulièrement dans les plats, cette plante peut avoir des effets contre le vieillissement, prévenir des maladies cardio-vasculaires… De plus, elle constitue une source de vitamines (A, C, E), de calcium et de fer.
C’est un puissant antiseptique. Ces infusions permettent de lutter contre les rhumes. En cataplasme elle nettoie efficacement la peau et lutte contre les verrues. Enfin, son application soulage les yeux fatigués (après longue route de nuit ou des heures passées devant un écran par exemple ; mais pour cet usage particulier, le bleuet est plus efficace pour moi). On l’utilisera aussi pour faciliter la digestion, diminuer les crampes et les brûlures d’estomac (voir l'article de ma très chère comparse à ce propos). Enfin, elle aurait des effets légèrement sédatifs, voir hallucinogènes (voilà qui est intéressant pour des méditations).

Cataplasme de Basilic : plonger rapidement des feuilles fraiches de basilic dans de l’eau chaude. En imbiber une compresse et la passer sur la région infectée.

 
Dans le chaudron :

Cette plante est sacrée, en particulier en Inde où elle est cultivée aux abords des temples et déposée en offrande à Vishnou et à Krishna. En Gaule, sa récolte était accompagnée d’un rituel de purification : « Le cueilleur devait au préalable avoir aspergé la main qui toucherait la plante à l’aide d’un rameau de chêne trempé dans l’eau de trois sources différentes. Il devait porter des vêtements propres et se tenir à distance des êtres impurs, en particulier des femmes en période de cycle. Le basilic était aussi une herbe ajoutée dans l’onguent dont les sorcières s’enduisaient pour voler dans les airs. » (source : essentiellement basilic)

De sa propriété de faire fuir les nuisibles vient l’idée que cette plante protège la maison et repousse le mauvais sort. Par conséquent, elle s’utilise dans des rituels de purifications. De nos jours, nous pouvons la faire bruler sur un charbon ou l'infuser dans un bain rituel. Elle bénit les unions et réveille la sensualité dans le couple. Enfin, le basilic attire l’argent, on peut donc en placer une feuille dans son porte-monnaie. Personnellement, je trouve de bon augure d’avoir un plant de basilic dans une nouvelle maison.

 
Dans la marmite :

Le Basilique s’accommode facilement, on le retrouve dans nombre de recettes méditerranéennes. Il est la base du pesto et rentre dans la composition du pistou (voir prochainement dans les propositions de tambouille). Mais on l’utilise pour relevé des salades, des plats à base de tomates ou de courgettes, les soupes froides l’été (gaspacho). En deux semaines, quelques feuilles de basilic aromatisent une huile.

Bref, mille et une petites choses utiles et délicieuses à tirer de cette plante!

Lundi 2 juin 2008

Bienvenue ou rebonjour !

 

Adelphe est tiré du grec et signifie issus d’une même mère. C’est un mot qui recèle l’idée d’union et qui n’est guère plus employé que pour décrire des étamines des fleurs.

Ce grimoire est né de cette idée de communauté et de partage. Nous sommes bien loin d’être érudites et de maitriser les arcanes de la Magie -que les Dieux nous en préservent d’ailleurs !- nous ne nous revendiquons d’aucun mouvement particulier, si ce n’est du vaste gloubiboulga que constitue le paganisme actuel.

Après maintenant plus d’un an d’écriture ; les différentes catégories sont un vrai capharnaüm (on croirait que des lutins sont passés par là !!) et nous nous sommes dit qu’il était temps d’expliciter un peu cela.


Le Grimoire ad Elfique :

Le Vestibule. Nous sommes sur le seuil. Comme dans la plupart des maisons, c’est un peu vide et pas très grand mais c’est dans ce petit espace que nous prenons le temps de dire bonjour et de faire de brèves présentations.

 

Tabularium :

Notre bibliothèque. Bien sûr, nos chers livres sont sur ses rayonnages, mais aussi pourquoi pas des films, des expositions, des papyrus (j’aimerai bien)… Nous nous enfonçons dans de larges fauteuils –qui sentent un peu la poussière il faut bien l’avouer- pour discuter d’un auteur, d’un peintre, d’un poème où d’une statue qui nous a interpelé.

 

Casse Méninge :

Nous entrons à pas feutrés dans l’espace de travail. Le nez aux Etoiles. Nous réfléchissons aux cycles, aux Dieux et aux Déesses, aux mythes, aux légendes. Nous évoquons les Sabbats d’hier et d’aujourd’hui. Nous parlons des Eléments qui nous entourent. Si les textes sont longs (et parfois indigestes il faut bien l’avouer), ce n’est presque pas volontaire.

 

Les Jardins Apprivoisés :

Et les pieds dans la Terre. Il nous est apparu récemment que nous avions oublié quelque chose d’essentiel : les plus belles leçons sont sans doute celle piochées dans l’observation attentive de la Nature. Nous voilà dans le jardin. Il est encore modeste, certes, mais il pourvoit en délicieux légumes, en herbes fraiches qui entrent tout autant dans la composition de nos sorts que dans nos marmites (quand les deux ne sont pas confondus). Il a ses batailles épiques contre les limaces, ses moments de calmes et de frénésie. Il est le miroir de notre Mère.

 

 

Laboratoire :

C’est bien joli de récolter des plantes, des contes, et des livres, mais faut bien mettre en pratique cela de temps en temps. Nous passons au laboratoire qui sent plus la cannelle que le souffre. Qui dit laboratoire, dit expérimentations, tatouillages, essais-erreur, explosion dans la cuisine (les risques sont largement diminués depuis que nous avons temporairement mis de coté l’idée de faire nos propres huiles essentielles), éclat de rire, flop, gratifications. Hélas toujours pas d’élixir de jouvence en vue. Mais y sont proposés méditations et exercices qui nous ont semblés intéressants.  

 

Tambouilla Occultis :

Nous mettons toujours un peu de gourmandise dans notre magie et vice et versa. Nous entrons dans la cuisine, au cœur de la maison. C’est ici que sont confectionnés les petits plats mais aussi les tisanes qui soignent les petits mots, les liqueurs qui enivrent les sens, les confitures qui régalent les papilles…

 

 

Maraudages :

Et bien sûr, il y a le vaste Monde! Que ce soit sous nos fenêtres, à quelques pas de chez nous, ou sur d’autres continents, il est toujours riche en surprises et en découvertes. Ici les récits de nos déambulations, dans des lieux qui ressuscitent les légendes. 

 

Les Sorcelleuses :

Ca c’est nous ! Cette section recèle des textes et des observations un peu plus personnelles, des anecdotes et expériences du quotidien.

 
Fond de Besace :

Ici s’entassent les inclassables sur un peu tout, un peu n’importe comment, de façon très lutinière.

 

Maintenant bonne visite. Les Sorcelleuses
par sarhane et séléane publié dans : grimoire-ad-elfique
Samedi 31 mai 2008

Le livre était tout en haut d’une étagère et il fallut une chaise et quelques acrobaties pour le récupérer. C’est comme çà que j’acquis « Les Esprits et les Morts, Croyances Médiévales » et que je fis connaissance avec cet auteur. Claude Lecouteux et Phillipe Marc rassemblent, traduisent et commentent des textes latins du Moyen-Age. En ces temps, les fées, les sorcières, les lamies, les dracs, les stryges se croisaient au détour du chemin, les chevaliers se battaient contre les démons, les Saints se confondaient avec les héros de l’antiquité germanique. Ce qui m’avait particulièrement enthousiasmée dans cette première lecture fut la façon remarquable dont les auteurs grattent le vernis chrétien de ces textes et font réapparaitre les légendes païennes originales. Depuis j’ai lu avec le même plaisir « Mondes parallèles, Univers des croyances du Moyen Age ».

Claude Lecouteux a écrit et traduit plus d’une trentaine d’ouvrages et d’études sur les thèmes des maisons hantées, des Loups Garou ou sur les sorcières. Universitaire, ces axes de recherches tournent essentiellement autour de la mythologie populaire, des croyances entourant la Mort et les défuns, les mythes et les légendes du moyen-âge germanique et ... la Magie. Pour ceux qui sont fasciné par les mythes qui entourent les créatures fantastiques et la Mort, je conseille chaleureusement ces lectures.

Typologie de quelques morts malfaisants. 



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