

Lamas, Elembiuos, Thingtide, August Eve, Feast of Bread
Lughnasadh (1er Août) correspond à la première récolte, lorsque les plantes printanières se fanent et laissent tomber leurs fruits ou leurs graines pour notre usage et pour assurer les récoltes futures.
Lughnasadh, que l'on appelle aussi Veille d'août, fête du pain, fête de la moisson ou Lammas, n'était pas nécessairement célébrée ce jour précis. A l'origine, cette fête coïncidait avec les premières récoltes.
Allégoriquement, les forces du Dieu décroissent alors que le soleil se lève toujours plus au sud chaque jour et que les nuits rallongent. La Déesse demeure, avec une tristesse mêlée de joie, consciente que le Dieu est mourrant et que pourtant il vit toujours en elle, dans l'enfant qu'elle porte.
Un peu d’histoire :
Contrairement à ce qui se passait lors de Samain , il n’y avait pas d’assemblées légales. Cétait une fête d’amitié et de prospérité.
Quelques traits fondamentaux de Lugnasad : c’est une fête divine et perpétuelle, une fête d’obligation, une fête royale, une fête qui protège des calamités et qui garantit la paix et l’abondance.
On voulait protéger les récoltes à venir. Pendant cette fête, il était interdit de faire usage d’une lance car la présence du roi était incompatible avec une activité guerrière. Ainsi, les militaires venaient en sujets loyaux et passifs. On ne devait pas venir à la fête sans mettre pied à terre. Il était interdit de regarder par dessus l’épaule gauche, c’est à dire de jeter un mauvais sort sur la fête. On ne devait pas quitter la fête. On ne devait pas non plus nuire aux bestiaux d’autrui. La fête comportait des jeux classés et répartis par jour sur la durée d’une semaine. C’était le roi qui présidait. Il y avait des musiciens et des profanes. Le roi récompensait chacun selon la qualité de son art. Le lieu de la fête était couvert de tertres funéraires non violés. On autorisait trois marchés connexes en dehors du périmètre de la fête. Le souverain qui ne fêtait pas Lugnasad donnait l’image d’un mauvais roi qui réduit ses sujets à la misère et les accable d’impôts. Le roi était le centre de la fête. Cette fête ne comportait aucun sacrifice ni aucune cérémonie religieuse.
Quelques suggestions pour le fêter :
L'été s'en va et les wiccans retrouvent sa chaleur et sa générosité dans la nourriture qu'ils mangent. Chaque repas représente un acte d'harmonisation avec la nature et nous rappelle que rien n'est permanent dans l'univers.
C'est le temps de l'année où nous récoltons le fruit de nos efforts. Regardez votre vie et voyez où vous avez manqué votre coup, et si vous pouvez toujours réussir. Qu'avez-vous accompli que vous vous étiez donné comme objectif d'obtenir? Qu'avez-vous encore à faire? Méditez sur comment ce qui est arrivé est directement ou indirectement lié aux les choix que vous avez faits. Réfléchissez maintenant sur ces choix et voyez où votre liberté d'agir vous a mené. Êtes vous content de ces choix? Sinon, qu'est-ce que vous pouvez changer maintenant?
L’usage veut que vous plantiez les graines des fruits consommés pendant la cérémonie. Si elles germent, prenez soin de la plante avec amour, car elle symbolise le lien qui vous unit à la Déesse et au Dieu.
Le tressage est une activité particulièrement adaptée à Lughnasadh. Il se fait à partir des céréales que l’on récolte à cette période : orge, blé… Vous pouvez tresser des nœuds à offrir à vos amis ou une petite poupée. Cette poupée veillera sur votre maison pour l'année et elle devra être rendue à la terre lors des premiers labours de l’année suivante : elle symbolise alors la fertilité de l’année passée et les espoirs en l’année à venir.
La coutume veut aussi qu’on se rende dans les champs, les plantations, prés des lacs et des puits.
C'était aussi l'occasion, pour les druides, de rendre hommage à Lugh et de célébrer des rituels de protection. D'ailleurs, tous les charmes, sortilèges et potions destinés à protéger et conçus en cette journée possédaient des propriétés accrues pour combattre les forces du mal ou les influences négatives.
Le repas
A l'occasion des premières récoltes on transforme le grain en farine. Le pain est donc à l'honneur. En Italie, au Moyen-Âge, on préparait des tortellinis, qui représentent le nombril de Vénus, déesse de l'amour et de la fertilité. Vous pourrez les accompagner d'agneau à la broche (méchoui), de riz aux légumes, de pain de maïs, de ratatouille. Proposez également des tortillas, des tartes aux petits fruits (fraises, framboises, bleuets, mûres...), des gâteaux aux pêches, de la salade de fruits, tous les fruits de saison (pêches, poires...). Arrosez le tout (avec modération) d'hydromel, de bière et de vin.

Sur la roue des saisons, Lughnasadh est à l'opposé d'Imbolc, il en est de même pour leur symbolique : on récolte aujourd'hui les fruits des graines plantées à Imbolc.

Dans mes textes sur le Tai Chi Chuan je vous avais parlé des deux pratiques qui pour moi sont indissociables : l'art martial et le travail énergétique.
Ce dernier s'appelle Qi Gong.
Le Qi
C’est une énergie ou une force naturelle qui empli l’univers. On peut parler de Qi à trois niveaux : le Qi du Ciel, le Qi de la Terre, et le Qi de l’homme. Celui de la Terre absorbe et subit les influences de celui du Ciel. Celui de l’homme est soumis aux influences des deux autres.
Les chinois pensent que le Qi de la Terre est constitué de lignes et schémas d’énergie, d’un champ magnétique ainsi que de la chaleur cachée sous la croûte terrestre.
Lorsque ce Qi ou énergie n’est plus équilibré, il doit lutter pour retrouver son équilibre. Chez l’Homme cela se traduit par une maladie voir la mort. Pour maintenir l’équilibre énergétique de notre corps il faut donc connaître les cycles de la Nature et les schémas d’énergie de la Terre pour s’harmoniser avec eux.
Le Qi Gong est l’étude du Qi sous toute ses formes.
Son histoire débute avec le Yi Jing (livre de transformations) environ 2400 ans avant JC. Ce livre explique que le Chi est composé de ces trois facettes : le ciel, la terre et l’homme. Elles ont toutes trois des règles et des cycles bien définis et immuables. Si on arrive à connaître et comprendre ces règles et cycles, on peut presque tout connaître : de la façon de pousser d’une plante a où implanter sa maison….
Les chinois ont découvert une méthode pour calculer et prévoir les changements naturels du Qi : le Bagua (les huit trigrammes).

Ces huit trigrammes engendrent à leur tour soixante hectogrammes.
De ces savoirs ont ensuite découlé des méthodes de méditations qui permettent d’agir sur notre Qi mais aussi des méthodes de combat (et surtout de préparation au combat).
Le Qi de l’homme peut être divisé en deux catégories : Qi nourricier et Qi gardien. Il circule grâce aux douze méridiens et huit " merveilleux vaisseaux ".
Les vaisseaux fonctionnent comme des réservoirs et régulent la distribution et la circulations de l’énergie. Il faut que le Qi y soit fort et abondant pour que la régulation soit correcte.
Les douze méridiens sont comme des rivières qui distribuent le qi partout dans le corps et qui relient les extrémités aux organes internes. Chaque méridien a une quantité d’énergie et une intensité de flux qui lui sont propres. Ces paramètres varient aussi en fonction du moment de la journée en suivant des cycles, du temps, de l’humeur….
Pour rééquilibrer le Chi, on peut utiliser les plantes, l’acupuncture ou des exercices physiques et mentaux.

L’herboristerie, appliquée dans un but thérapeutique, possède sans doute une double utilité.
Tout d’abord, un aspect chimique. Il existe de nombreux principes actifs dans les plantes. Leurs vertus sont louées depuis l’Antiquité. 5000 ans avant notre aire déjà, la plus ancienne civilisation dont on ait des traces, localisée entre le Tigre et l’Euphrate, encourageait l’étude de
Ensuite, un effet psycologique. J’aime préparer mes tisanes. Ce temps oblige quelque part de penser à l’action de la plante, au soin et à la maladie. La personne est impliquée dans son propre traitement. De nos jours, quand le corps déraille, on se précipite à la recherche de quelques pilules miraculeuses, que l’on peut avaler vite fait, sans y songer. Par cette méthode, efficace par ailleurs dans de nombreux cas, on se débarrasse de son corps et de sa défaillance, en s’attardant le moins possible sur ses humeurs. Je suis persuadée que la guérison et le soulagement ne peut que mieux se passer quand l’esprit est lui aussi impliqué dans le processus. La phytothérapie pourrait être un moyen de se réapproprier son corps et se montre bien souvent utile dans les petits tracas quotidiens.
Voici une petite recette, très simple et fort utile juste avant et pendant les menstrues. On la prépare dès que les douleurs commencent à se manifester.

Faire infuser dans le l’eau chaude
des queues de cerise, diurétique, digestive et détoxifiante,
de la lavande, qui a des propriétés antiseptique, antispasmodique, diurétique, relaxante et stimulante (on doit y rajouter des vertus insecticides et cicatrisante)
de la verveine, également antispasmodique, astringente, sédative et tonique (on rajoute également digestive)
Et en plus elle est délicieuse...
Un été, nous sommes donc parties à l’aventure en Bretagne. Nous y avons bien sûr chassé les mégalithes et n’avons pas été déçues. Gavrinis était un des plus marquants, son souvenir trône d’ailleurs au dessus de ma cheminée.
Sa première originalité est sa situation : sur une île de 750m sur 400m dans le golfe du Morbilhan, en face du bourg de Larmor-Baden. Nous nous y sommes donc rendues à bord d’un petit bateau. La balade en mer était déjà très agréable. L’île est aussi très accueillante mais impossible de la visiter hors des visites guidées.

Gavrinis viendrait d’un radical vieux-celtique : Govero qui est associé à l'idée de torrent encaissé, de ravin, de tourbillon caché (cf. le français "gouffre"). Or l'île de Gavrinis domine le chenal de la rivière de Vannes qui traverse le Golfe, précisément à l'endroit où il est parcouru par les courants de marée les plus violents.
Une fois débarqués, nous traversons une petite construction moderne où nous déposons nos sacs et ressortons à la lumière du jour pour prendre un petit sentier. La première chose que nous découvrons alors est un cairn bâti en pierres sèches de 100m de circonférence sur 8m de hauteur.

Au milieu de cet amas de pierre, une grande entrée donnant sur une allée couverte : un couloir de 14m de long se terminant par une chambre presque carrée de 2,5 m de côté formés de 50 dalles brutes juxtaposées.

Une fois les yeux habitués à la pénombre, nous découvrons que 23 d’entre elles sont entièrement ornées de lignes étranges : spirales, écussons, haches, crosses….
Le lieu, comme beaucoup d’autres lieux touristiques, semble avoir un peu perdu de son souffle avec les passages incessants mais l’effet reste impressionnant et envoûtant, comme une puissance endormie.


Intriguée par tous ces symboles que notre guide n’a que très peu expliqués, je suis allée fureter sur le net et j’ai découvert un site intéressant sur le sujet : http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/megalithes/fr/mega/megagav.htm
Et voici à mon goût une proposition d’interprétation intéressante :
On entrevoit une possible logique dans l'organisation de ce décor :
~ pour le "simple passant", le couloir, même ouvert, ne montre rien de particulier, les dalles se perdant dans la pénombre ;
~ les premiers décors, assez simples, devaient se laisser interpréter assez facilement par des visiteurs tant soit peu imprégnés de la mythologie néolithique ;
~ la partie antérieure du pilier n° 24, en saillie à mi-longueur du couloir, se laisse deviner pratiquement depuis l'entrée. Or il s'agit d'une panoplie d'armes, comme pour monter symboliquement une garde dissuasive ;
~ c'est à ce niveau que commencent les compositions complexes, à l'interprétation sans doute bien plus délicate (même pour les Néolithiques) et requérant peut-être un certain degré d'initiation ;
~ enfin, pour entrer dans la chambre à l'ambiance déroutante, il convient d'enjamber (ou de piétiner ?) un seuil au décor hautement significatif.
Si vous passez dans le Morbilhan n’hésitez donc pas à vous rendre à Larmor-Baden pour une petit excursion….

