Elfes, Hommes et Gnomes

Publié le par sarhane


Il y a parfois de telles évidences qui me sautent aux yeux, je ne sais pas comment j’ai pu faire pour passer à coté aussi longtemps.

La représentation du monde fantastique divisé entre trois peuples revient assez communément. Chez nous, ils prennent les noms d’Elfes, d'Hommes et enfin les Gnomes ou Nains (oui, dit comme cela, c'est très tolkienesque, mais cela revient souvent par ailleurs). Cela correspond aux trois états de la vie et par conséquent à trois états de conscience et de magie.

Les Elfes : la Jeunesse. Imberbes, le corps long, la peau diaphane. Nous les imaginons près de la Nature, comprenant ses arcanes, le langage des plantes et des animaux. Ils ne s’engoncent pas dans des carcans sociaux, moraux, dans la bienséance qui défrichent les instincts. Dans les temps anciens, ces êtres étaient décrits aussi grands et terrifiants que les larges étendues forestières dans lesquelles ils s’abritaient. Puis l’imagination populaire les a fait décroître de taille jusqu’à les réduire de ridicules insectes luminescents. Le passage de l’Elfe à la Fée pourrait témoigner conjointement d’un recul dans l’âge de ceux qui en sont encore proches, les enfants et d’une avancée destructrice de la civilisation sur la forêt.

L’homme solide, grégaire et idiot, représente l’âge du milieu. Celui où l’on construit, où l’on perd son innocence et ses instincts sans avoir acquis encore la sagesse.

Le Gnome est généralement décrit comme petit, bossu ou difforme, ridé, laid, malin… Son proche acolyte le Nains est lui aussi de petite taille, affublé d’une grande barbe et d’un tour de taille respectable. Tous deux vivent dans des coins sombres, souvent sous terre, dans des grottes ou des cavernes. Ces deux espèces sont d’habiles artisans et règnent souvent sur un tas de richesses considérable. J’y associe la Vieillesse. L’idée de tas (or ou pierres précieuses) vient de l’accumulation des biens et des savoirs tout au long de l’existence. Construire sa demeure dans la roche demande technicité et expérience ; s’enfoncer dans la Terre pourrait préfigurer le tombeau.

Donc, une première vie en pleine nature, sauvage et libre : un printemps. Après vient la construction et le labeur, la mise en grange des récoltes, les travaux des champs : l’été et l’automne. Enfin une existence au fond de la terre : l’hiver. Les trois peuples décrivent les trois âges de la vie. Alors, peut être ces parts existent-elles en chacun sous une forme symbolique puissante qu’il nous faut révéler, réveiller. Quelles sont-elles ? Qu’apportent-elles ? Comment les ramener jusqu’à notre conscience ?

Publié dans fond de besace

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