réflexion sur l'histoire de l'occultisme

Publié le par sarhane

Attention, ici je ne critique ni la Foi ni les catholiques, je n’évoque que des « intuitions » historiques :  

Il est reconnu que le catholicisme a littéralement pillé le paganisme pour mieux s’implanter en Europe. Ils ont par exemple réutilisé le calendrier local : 

-       ainsi à la place de Yule (aux alentours du 21 Décembre), fête où le Dieu naît (le Grand Cornu ou l’Astre Diurne), a été placée la Nativité (24 Décembre) ;  

-       pour Imbloc (2 Février), célébration des Lumières, on retrouve la Chandeleur (présentation de Jésus au temple) ou l’on fait sauter… je vous le donne en mille… des crêpes (rondes et jaunes, comme c’est curieux !) ;  

-       Ostara (20 Mars), fête du début du printemps, est remplacé par les fêtes de Pâques (du 23 Mars au 3 Avril) ;  

-       à Litha (21 Juin), où s’allumaient de grands brasiers, on tombe sur la Saint Jean et ses feux ;   

-       pour Lughnasadh (1-2 Août), où la Déesse des moissons était honorée, on a implanté la fête d’une nouvelle « Déesse », Marie (15 Août)    

Il n’y a guère que Beltane (30 Avril), fête de la procréation, dans laquelle le clergé n’a pas osé mettre ses gros doigts -peut-être par pudibonderie- mais qui est solidement encadré des fêtes de Pâques (qui s’étalent sur 3 semaines) et de l’Ascension (3 Mai).

 Sur les lieux de cultes païens ont été construits églises et cathédrales ; les anciens Dieux (Pan, le Grand Cornu, aux attribut de Cerfs) ont servi de moule pour décrire le mal (la Bible n’a jamais décrit le Diable avec des Cornes et des pieds fourchus : il est sensé être le plus beau des anges !) et les Déesses furent déclassées en succubes ou saintes selon les besoins (Brigitte de Kildare, 451-525, remplacera en Irlande la Déesse Brigitt ; la Déesse Mère deviendra Marie mère de Dieu ; et la Déesse fertile Lilith, Reine des Succubes…). C’est en conservant les habitudes et en tordant les vieux préceptes, que le clergé a convertit la Gaule, non en l’amenant vers l’illumination biblique à coup de Saintes Ecritures (ce qui doit faire mal !). Cette technique, adjointe d’une chasse musclée aux récalcitrants, a enterré en l’espace de 5 siècles les vieux cultes.

Curieusement, la plupart des groupes occultes du bas moyen âge ne sont pas les survivants de poches païennes bien planquées, mais apparemment des mouvements qui se sont construit à partir du catholicisme. On trouve –grossièrement- en rang d’un coté les kabbalistes (bon, ils ne sont pas catholiques, mais question références bibliographiques, çà se recoupe pas mal) et de l’autre, les satanistes (qui eux aussi ont des lectures appariées!). Et le 19ème siècle n’a pas fait beaucoup mieux (enfin, c’est l’impression que l’on a quand on lit « là bas » de Huysmans qui décrit vaguement le milieux ésotériste parisien de la fin du 19ème). La messe noire que Huysmans décrit n’est que le reflet déformé, bafoué, vomit, dégradé du rite catholique (attention, je ne nie pas que l’un ou l’autre n’est pas leur efficacité). Même les secrets de rebouteux se mêlent de prières aux saints ou d’incantations aux démons… Tous retombent sous le joug du manichéisme sans s’extraire de la dominance chrétienne. Question : pourquoi toujours revenir à cette notion d’un grand barbu tout gentil et d’un grand cornu tout méchant ? Finalement nous devons beaucoup aux précurseurs occultistes de ce siècle, qui en mettant les bras jusqu’au épaules dans l’archéologie, ont fait remonté les anciennes croyances, redonné leur dimensions positives aux anciennes divinités, sont sortis du dogme monothéiste pour ramener quelque chose libéré du poids de 1000 ans de culpabilité.  
(image tirée su site "wilson almanach")

Publié dans fond de besace

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