Juste une question d’esthétisme ?

Publié le par sarhane

 

Certains auront peut être regardé la soirée spéciale sorcellerie diffusée par Arte à Samain dernier. Une partie du reportage se déroulait chez une sorcière allemande à priori très connue dans le milieu Wiccan. J’ai été frappée par la multitude de choses qui s’entassaient sur son autel. Des cartes de tarots éclectiques jouxtent des statuettes de Bouddha, de Ganesh, de Cernunos, d’Aphrodite, de fées, et autres créatures ou divinités de toutes origines, des plateaux dessinés de pentacles, des géodes, des baguettes, des flacons, des banderoles kabbalistiques… Vu de loin, cela ressemble à un bric à brac spirituel sans queue ni tête. Et force est de me dire que la plupart des païens de ma connaissance ont des intérieurs fleurant l’indouisme bretonnisant ou encore le gothico-romantique exubérant, et que chez moi c’est sensiblement la même chose. Quand à mes placards ou mon autel, j’y retrouve effectivement tout un fatras d’objets naturels ou plus ou moins consacrés d’un kitch assez prononcé. J’ai alors commencé à m’intéresser à la portance réelle de ces objets, à leur nécessité et surtout –ce qui me frappait le plus – à leur accumulation.

Il faut se rendre compte que les symboles portent une force cachée, un sens qui se révèle peu à peu. Comme une lame de tarot qui évoque directement un sentiment puis, avec l’expérience et l’exploration, apparaîtront dans ses dessins, ses couleurs d’autres indices qui confirmeront, approfondiront ou ouvriront de nouveaux aspects de la carte. Au début, j’avais tendance à élaborer des rituels chargés : 14 bougies à ouvrir dans un ordre strict, 3 ou 4 figures de géométrie plus ou moins euclidienne et une dizaine d’éléments à touiller en une mixture certes efficace mais particulièrement infâme (j’exagère à peine). Et le plus drôle, c’est que plus il y avait de choses et plus je me sentais rassurée. Le temps passe et j’épure mes préparations. Cela peut paraître assez paradoxale de partir du compliquer pour aller vers le simple. Mais il y a sûrement une raison à cela. Dans un rituel, on projette une énergie dans une direction pour atteindre un but. Pour cela, des éléments (bougies, plantes, pierres, objets rituels comme une coupe, une baguette ou un couteau) pourrons servir de support. Les objets, les couleurs sont alors les porteurs d’une force symbolique très importante. Est ce que celle ci frappe notre inconscient ou encore ces objets sont ils d'eux même enchantés ? J'aurais tendance à dire que cela dépend des cas. Quoi qu’il en soit, avec la pratique, notre esprit se décharge de moins en moins sur ces supports. Le besoin qui peut rester est un attachement sentimental ou esthétique. Toutes ces figures, autour de nous sont autant de sources d’inspiration, de pouvoir, de symboles. Cet éclectisme tient peut être au fait que la foi païenne se construit de manière très libre et se permet d’explorer de multiple facettes.

Publié dans fond de besace

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