Que sais-je et La sorcellerie

Publié le par sarhane


Je me suis piquée de lire le " Que sais-je ? " sur " la sorcellerie " de Jean Palou. Cette collection regorge de choses diverses, de la politique brésilienne à l’art consommé et peu connu de la miniature de moulin à vent. Je me suis dit que lorsque l’on s’intéresse vaguement à un domaine et que l’on veut approfondir un peu ses connaissances, on a facilement tendance à ouvrir ce genre de digeste. Je voulais savoir qu’elle était la vision " des sorciers " véhiculée par ce type d’ouvrage. Dès l’introduction, j’ai senti mon poil se hérisser. L’auteur prend les sorciers pour une bande de demeurés incultes, mystiques, vulnérables… " on ne saurait la (la sorcellerie) considérer que comme un phénomène ridicule, tout au plus bon à prétexte littéraire ou artistique ". Et alors que fait il des connaissances en médecine des petites gens des campagnes, qui souvent soignaient bien mieux que les doctes saignées des carabins de la ville, du savoir sur les rythmes de la nature, sur les lieux sacrés qui ressourcent l’âme et le corps… ? Ensuite, il construit sa thèse sur le fait que les " crises de sorcellerie " ne surviennent qu’en tant que " crise sociale " en temps troublés. Pour moi, ces fameuses crises se sont poursuivie de l’implantation du christianisme jusqu’au temps de lumière (et encore, ces lumières n’ont pas éteint si vite les cruels bûchers). Si elles ne survenaient qu’en tant que crises sociale, comment se fait il qu’elles n’aient pas eut court au moment de la révolution, ou comment expliquer la crise qui est survenue en Europe aux alentours de l’an mille ? Bref, j’ai cependant poursuivi ma lecture en essayant de décrisper mes épaules. Et bien, je n’ai pas complètement eut tord. Nous avons finit (l’auteur et moi) par trouver un terrain d’entente. Pour moi, ce livre n’est pas un tour de vue de la sorcellerie, comme je l’avais pris au départ, mais un ouvrage général sur l’accusation de sorcellerie. Et pris dans ce nouveau sens, j’ai pu trouver un certain intérêt à lire la deuxième partie du livre. Il fait le résumé de l’évolution des procès de sorcellerie, à partir du XIII ème . Qui accusait-on se sorcellerie : celui qui est différent, l’étranger, le nomade, la femme un peu trop libre, l’homme un peu trop chanceux. Les accabler de toutes les misères qui pouvaient s’abattre sur la communauté permettait de récupérer au passage quelques biens quand cela était intéressant, de maintenir un certaine cohésion et, en criant d’un même cœur haro sur le baudet, de libérer toute sa haine contre la fatalité. Mais dans le même genre, je conseillerai plutôt la lecture de " Danse avec le Diable ", là au moins l’auteur ne prend pas son sujet de haut.

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