R. Lalique

Publié le par sarhane

Je me suis retrouvée par hasard à l’exposition Lalique au Sénat. Je n’y serais pas allée de moi même, n’étant pas franchement attirée par les objets de luxe en général et par les bijoux en particulier. Mais ce qui devait être un après midi ronflant s’est vite transformé en balade ésotérique (oui, tout est prétexte…). René Lalique (1860-1945) fut «l’inventeur du bijou modernes» (Henri Clouzot). Il renouvela les motifs, les formes, les couleurs, les matériaux dans cet Art. Il n’utilisa pas seulement de l’or ou des diamants mais mêla aussi onyx, améthyste ou d’autre pierres considérées comme moins précieuses. Je fus touchée par la finesse de ses dessins, ses talents de naturalistes et son inspiration. La Nature est omniprésente, la flore et la faune, même la plus improbable, parcourent ses œuvres : orchidées, iris, scarabées, cygnes, chiens, serpents, hirondelles, poissons, paons mais aussi tiges d’avoines, sapins enneigés, sauterelles, guêpes, escargots (qu’il transforme en triskèle), hippocampes, chauves souris… Ses représentations des animaux de la nuit, réputés maléfiques, m’ont vivement étonnée (diadème de terrifiant dragon, colliers de chauves souris ailes ouvertes), ses miniatures de femmes insectes, fortes, guerrière, images des déesse de guerre à la fois sereines et déterminées, ou encore ce collier étrange qui adopte la forme d’un utérus. Les allusions mythologiques sont nombreuses : fées, sirènes, faunes, elfes… Il est vrai que trouver ce genre de créatures est assez fréquent peut être mais que dire de ces danses qui rappelle les bacchanales ou mieux encore les rondes de jeunes sorcières nues sous la Lune. Ou encore de cette princesse lointaine (pendant de cou) qui se tient dans la forêt accompagnée d’un chien de chasse qui reprend les attributs des déesses Celtes.

Les croyances et le mysticisme du moyen âge furent balayés par le siècle des lumières, la science, l’engouement pour le progrès, l’électricité, le télégraphe, les machines à vapeur… L’occulte resurgit alors dans certains cercles (le 19ième fut entre autre pour moi le siècle du spiritisme de salon) et surtout dans l’art. L’ésotérisme alimente la littérature de Maupassant, de Balzac, d’Hugo, de Baudelaire, de Huysman, de de Nerval, de Goethe. Berlioz compose sa chevauchée fantastique, Weber un opéra sur le thème satanique. D’une certaine façon, c’est une véritable résurgence de paganisme. Je crois que les créations de Lalique s’inscrivent dans cette lignée. Si Lalique commença comme dessinateur de bijoux, il ralentit sa production de joaillerie, probablement après la mort de sa femme Alice, sa principale muse, et il est plus connu à présent comme maître verrier. Pour celles et ceux que çà peut intéresser, l’exposition perdure à Paris jusqu’en Juillet, au Musée du Luxembourg.  

P.S.: je suis simplement navrée de ne pas avoir trouver beaucoup de dessins de Lalique à mettre ici, ce que j'ai préféré dans l'exposition.

Publié dans tabularium

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Séléane 11/04/2007 14:06

Merci! cet apperçu donne vraiment l'eau à la bouche! Si on a le temps quand je passe sur Paris...