Le Jardin aux Moines

Publié le par sarhane


Ce mégalithe rassemble de manière assez inhabituelle des blocs de pierres blanches (riche en quartz) et rouges (schiste) alternées et organiser en rectangle. Les scientifiques ignorent à quoi il put servir aux temps préhistoriques. En absence d’ossements découverts, il est peu probablement que ce fut une nécropole ou de tombe commune comme beaucoup de dolmen. Bellamy parle du jardin aux moines dans son ouvrage de 1896, pourtant on ne le retrouva qu’en 1981.

L’historiette, morale et naïve, met en scène des Moines, des Seigneurs et Saint Méen. Les hommes de bure menaient une existence délurée de ripailleurs et de paillards avec des Seigneurs locaux. Ils se réunissaient dans ces landes où ils banquetaient longuement. Saint Méen les supplia de changer de dispositions, mais les moines n’en firent qu’à leur tête. En châtiment, eux et les Seigneurs qui les accompagnaient furent changés en pierre. Dans une autre version des nonnes remplacent les Seigneurs. Soit : un peu léger.

Creusons du coté de la vie de Saint Méen : celui-ci vécu à la fin du 6ème siècle, période marquée par la christianisation progressive de la Grande Bretagne et de la péninsule bretonne. Les populations, des Seigneurs jusqu’aux paysans, avaient plus ou moins accepté de se plier, en apparence, aux exigences des évangélisateurs, toutefois sans modifier en profondeur leurs habitudes et leurs cultes. Il se pourrait que cette histoire naïve relate cela : Saint Méen rabroue et condamne des hommes qui avaient fait vœux pieux mais continuèrent à vivre en païens. Saint Méen mourut en 617 (ci contre une photo de la chapelle de Saint Méen, que je n’ai pas visité mais trouve fort belle). Avant que les monothéismes s’imposent, la plupart des peuplent cumulaient les Dieux des conquérants à ceux des panthéons des vaincus. Il était plutôt rare que les vainqueurs cherchent à tous prix à effacer les croyances d’anciennes. Généralement, ils se contentaient de marier leurs Dieux dominants avec les Déesses locales, engendrant ainsi un nouveau panthéon mixte. Il ne pouvait pas en être de même avec la diffusion du christianisme. Le Dieu du livre est un dieu jaloux, qui veut être seul adoré. Malgré tout, pendant plusieurs siècles, les paysans continuèrent à rendre les cultes aux anciennes divinités, parfois sous l’apparence d’une adoration chrétienne. Pourquoi prendre le risque d’offusquer les Dieux quand il suffit de respecter toutes les directives des deux religions ? Pourtant, l’église prit de plus en plus mal ces petites entorses : seuls furent admis les croyances complètement absorbées dans le culte chrétien (les panthéons … de Saints, Marie parfois est plus honorée même que son fils, les rythmes des fêtes…) et estampillées sacrées par l’autorité papale.

En me posant dessus j’avais vraiment l’impression que certains pierres absorbaient de l’énergie tandis que d’autres la diffusaient mais je n’eus pas le temps malheureusement d’en établir une carte ou de creuser au-delà. Une prochaine fois j’espère !!!

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