Le Millepertuis

Publié le par sarhane


Le millepertuis est ma plante sorcière préférée. Est-ce sa forme de pentagramme ? Ou sa couleur solaire ? Ou encore ses nombreuses propriétés médicinales ? Ou simplement que je la trouve belle sur les rebords des chemins des Pyrénées ? Peu importe au fond. Cette plante est également appelée herbe de la Saint Jean, puisqu’elle est traditionnellement cueillie le 21 Juin, ou encore « chasse-diable », herbe aux fées, herbes aux mille vertus, trascalan, pertuisane, herbe aux brûlures, aux piqûres… En anglais, elle porte aussi le nom de Balm of warrior (baume du guerrier)!

Nous devrions parler des millepertuis, puisqu’il en existe environs 400 espèces dans le monde entier et forme le genre Hypericum. On les reconnaît à leurs feuilles opposées, non dentées, leurs fleurs jaunes composées de 5 pétales, 5 sépales et de nombreuses petites étamines. Elles poussent sur les bords des chemins, dans les bois et sur les abords des falaises, dans les coins légèrement humides et peuvent atteindre une hauteur de 60 cm. Son nom lui vient de l’impression de distinguer une multitude de petits trous, qui sont en réalité de petites glandes. 

Le millepertuis est vanté depuis l’antiquité pour ses vertus médicinales. On en récolte les sommités fleuries, que l’on fait sécher sur un linge. En particulier, la médecine s’intéresse à ses effets positifs sur les dépressions légères. Mais elle a pu également être indiquée pour luter contre la cystite, l’insomnie, l’hypotension, les bronchites, l’asthme, les terreurs nocturnes des enfants… d’où son nom d’herbe aux mille vertus ! Vous pouvez également en remplir une fiole (tiges, feuilles et fleurs), tassez bien les plantes et remplissez là d’huile (j’aime bien l’huile de pépin de raisins mais chacun ses gouts) et laissez là au soleil. Au bout d’un moment, elle prendra une belle teinte rouge. Cette huile est très efficace sur les coups, les bleus, les bosses, si elle est appliquée rapidement. Elle apaise très efficacement les brûlures et soigne les plaies. Bien entendu elle peut également trouver des usages magiques ! En infusion, on en utilise 15 à 30 gr. Peu utilisée en cuisine, on peut toutefois consommer ses feuilles adjointes à de la salade, ou ses fleurs sur des boissons fermentées.

Au confluent du jour et de la nuit, cette plante peut être employée dans des rituels de guérison. D’après F. Vernet (« Plantes médicinales et sorcellerie dans le midi »), elle éloigne les larves et les entités néfastes des maisons. C’est pour cela que Marie des Bois (« le Chaudron de Faërie ») conseille d’en porter sur soi, d’en accrocher aux poutres des maisons. Comble du bonheur, cette plante a des vertus aphrodisiaques (« dictionnaire de plantes aphrodisiaques », G. Mathieu ; « le Chaudron de Faërie », Marie des bois). L’huile essentielle contenu dans ces milles petites glandes permet de confectionner des huile de massage érotique, des vins (obtenus par la macération de 20 gr de plante entière ou de fleurs séchées dans un litre de vin blanc sec), ou des teintures mère à additionnée à des infusions. Elle ranime en douceur les ardeurs des bonnes gens. Enfin, elle conduirait au Pays des Fées, les soirs de Litha. 

 

Publié dans jardins apprivoisés

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Séléane 28/06/2007 21:25

Une plante sorcière par excélence en effet! Belle et à multiusages.
Juste une petite mise en garde : ne jamais exposer votre peau au soleil après y avoir appliqué de l'huile!
Séléane

lory 25/06/2007 21:42

coucou, c'est vrai que c'est une fleur très utile!