Jean Grain d'Orge

Publié le par séléane

Je vous parlais dans le texte sur Lammas de ces petites poupées que l’on tresse ce jour-là. Elles sont la représentation de Jean Grain d’Orge (John Barleycorn) dont le mystère est très bien illustré par la vieille chanson populaire " Jean Grain d’Orge  doit mourir ".

En voici la version de Robert Burns tout droit sortie de Magie du Nord de Nigel Pennick :

Il y avait trois rois à l’Est

Trois rois à la fois grands et éminents

Et ils avaient prêté un serment solennel

Jean Grain d’Orge devait mourir.

Ils prirent une charrue et le labourèrent,

Mirent des mottes sur sa tête,

Ils avaient prêté un serment solennel

Et Jean Grain d’Orge était mort.

Mais le joyeux printemps arriva gentiment,

Et les ondées commencèrent à tomber ;

Jean Grain d’Orge se releva,

Et la plaie (dans la terre) les surprit tous.

Les chauds soleils de l’été vinrent

Et il devint épais et fort,

Sa tête s’arma comme de pointes de lances

Pour que personne ne lui cause de tort.

L’automne sobre entra avec douceur,

Et il devint pâle et faible ;

Ses articulations se courbant et sa tête tombante

Montrèrent qu’il commençait à s’affaiblir.

Sa couleur pâlit de plus en plus

Il s’enfonça dans la vieillesse ;

Et alors ses ennemis recommencèrent

A montrer leur rage mortelle.

Ils prirent une arme longue et tranchante,

Et le coupèrent au genou ;

Puis ils l’entravèrent solidement sur un chariot

Comme un gredin coupable d’un délit.

Ils l’allongèrent sur le dos

Et le frappèrent avec des bâtons jusqu’au sang ;

Ils le pendirent avant la tempête ;

Et le tournèrent à maint reprises.

Ils remplirent un trou sombre

Avec de l’eau jusqu’au bord ;

Ils y portèrent Jean Grain d’Orge,

Et l’y laissèrent se noyer ou nager.

Ils le sortirent pour le poser sur le sol,

Pour lui faire subir d’autres tourments,

Et quand des signes de vie apparaissaient

Ils l’agitaient encore de long en large.

Ils passèrent au-dessus d’une flamme brûlante,

La moelle de ses os ;

Mais un meunier fut le pire de tous,

Car il s’écrasa entre deux pierres.

Et ils avaient pris le sang de son cœur,

Et l’avait bu en le faisant circuler

Et plus ils en buvaient,

Plus leur joie grandissait.

Jean Grain d’Orge était un héros audacieux,

De noble hardiesse,

Car si vous pouvez goûter son sang,

Il fera croître votre courage.

Il fera oublier à un homme ses malheurs ;

Il fera grandir toutes ses joies ;

Il fera chanter le cœur d’une veuve,

Même si les larmes étaient dans ses yeux.

Alors portons un toast à Jean Grain d’Orge,

Chaque homme un verre à la main,

Et puisse sa grande prospérité

Ne jamais disparaître dans la vieille Ecosse !

Publié dans tabularium

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Shin Haiah 19/08/2007 13:14

...la photo dans l'arbre me dit quelque chose....

séléane 28/08/2007 18:29

Eh oui, c'est nous! ;) Contente de te croiser par ici :)
bizz