The Salem Witch Museum

Publié le par sarhane

3 ou 4 musées se disputent les faveurs des touristes de Salem, sur des thèmes aussi originaux que l'occulte, le mystère et la chasse aux sorcières. Nous avons optés pour « The Salem Witch Museum ». Une première partie de la visite relate l'histoire de Salem par des scènes de personnages en cire ? apparemment très prisés aux US dans les années 70 -. Très conventionnel mais le récit est informatif et concis. La suite du musée est, à mon avis, plus intéressante, même si cela reste caricatural. Trois tableaux illustrent l'évolution de la perception de la Sorcière à travers l'histoire. A l'âge Celte, en Europe, la guérisseuse. Elle connaît les simples et la Nature, par conséquent, elle est puissante et honorée. Puis vient la démonisation de la sorcière et de la femme, qui commença au moyen âge : elle apparaît verte et hideuse, perchée sur son balais, en créature néfaste nocturne. Mais les clichés ont la peau dures : cette image a longtemps été véhiculée dans les romans, les contes et plus récemment le cinéma (pensons à la marâtre de Blanche Neige sous son apparence édentée ou à la méchante sorcière de l'Ouest, en photo ci dessous, image tiré du film le magicien d'oz de V. Fleming, 1939). Le dernier tableau se voulait actuel. Un couple de cire se tient en tenue de cérémonie, dans un paysage de forêt. Ils portent capes, baguette, triskèle : ce sont des sorciers modernes, des Wiccans. Il est expliqué que ce sont des gens comme tout le monde, avec un travail, une vie sociale... Leur singularité est d'adorer la Nature, générallement sous la forme d'un principe féminin, la Déesse, et d'un principe masculin, le Dieu. Je me suis fait la réflexion qu'en France, la plupart des gens ignorent jusqu'à l'existence de la Wicca ou l'amalgame à des croyances qui n'ont rien à voir. Ici, les pick up arborent de autocollant « god bless america » et pourtant nos pratiques semblent connues et tolérées. Une dernière frise évoquait le mécanisme de la « chasse aux sorcières » : une peur + un déclencheur = désignation d'un bouc émissaire. Exemple : peur du diable + diagnostic erroné = procès en sorcellerie de Salem ; peur des espions infiltrés + pearl arbor = internement de japonais dans des camps sur le territoire américain ; le communisme + Mac Carty = emprisonnement des communistes... « La chasse aux sorcières » prend de multiples formes à travers l'histoire, elle prend racine dans la peur et le rejet de l'inconnu.   
   

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Séléane 12/09/2007 20:43

Pas tord du tout en effet... Intéressant rapprochement!
L'innocence de l'enfance ne dure en fait pas si longtemps que cela. Et je pense que l'on devrait plus parler d'impression d'impunité car je crois que les enfants n'ont pas appri à avoir vraiment conscience de la portée de leurs actes. Ils sont innocents dans le sens où ils n'ont pas vraiment la conscience du bien et du mal mais ce n'est pas pour ça qu'ils ne peuvent pas faire du mal...
Et tu as raison aussi Sar, la plupart du temps c'est le contexte qui induit cela et surtout l'adulte qui prend au pied de la lettre la parole de l'enfant. Nous n'avons pas le même langage et leur imaginaire est grand....
La vérité sort de la bouche des enfants quand ils nous poussent à nous poser des questions, comme ils le font eux même mais cela devient dangereux quand nous laissons de côté notre esprit critique...
Bizz
Séléane

Le rodeur 11/09/2007 22:52

Y'a aussi un musée de pirate à Salem!et la plus vieille fabrique de bonbon des USA.Sinon pour l'idée des Boucs émissaires, ils vont jusqu'à évoquer les musulmans avec peur du terrorisme+9/11Perso le récit du procès de Salem m'a fait étrangement penser au procès en pédophilie d'Outreau: des experts à 2 balles qui racontent n'importe quoi, des paroles d'enfants prises au sérieux sans aucune vérification du moment où elles vont dans le sens de la peur inconsciente collective, des juges plus pressés de sanctionner que de peser le pour et le contre...Qui a dit que la vérité sortait de la bouche des enfants?Le rodeur, grand enfant.

sarhane 12/09/2007 10:52

Tu n'as sans doute pas tord...J'avais lu quelque part que ce procès avait cristallisé une idée nouvelle à propos de la relation à l'enfance (les accusatrices avaient une dizaine d'années à peine). L'idée d'un enfant "inocent", parfaite créature, laisse place à l'enfant cruel et terrifiant (celui qui arrache les pattes aux insectes pour voir comment çà fait). En même temps, il me semble que ces évenements n'arrivent pas fortuitement. Dans le cas du procès de salem, nous pouvons invoquer l'ennui, la peur (insipirée par ces terres inhospitalières et les sermons des pasteurs puritains), les conditions de vie, la difficulté de se retracter lorsque les juges s'accaparent avec délectation des accusations pour pouvoir faire régner la terreur et assujétir une population (celui qui n'est pas d'accord avec le pouvoir en place ne peut être qu'un "sorcier").  Qu'en penses tu?BizSar