Vajratara

Publié le par sarhane

Voici la Belle. Je l’ai croisée au Boston Museum of Fine Art et je suis tombé immédiatement sous le charme. C’est la première fois que j’éprouvais un tel coup de foudre pour une divinité d’Asie centrale. La statuette vient du Népal et date du 14ème siècle.
J’ai donc naturellement eu envie d’en savoir plus sur elle, mais difficile de trouver des informations. Ce qui m’a entrainée dans une longue suite de liens sur la toile et une petite balade dans la riche culture mystique hindouiste et bouddhiste. Voici un petit résumé.

Vjara provient du mot sanscrit signifiant « foudre » ou « diamant ». Dans l’hindouisme, cette arme était attribuée au dieu Indra, divinité guerrière, de la force et du courage, chef des Devas (dieux Indoues qui s’opposent aux Asuras maléfiques). De là, découle un courant du bouddhisme ésotérique, le Vajrayāna, le bouddhisme tantrique, qui émergea probablement au IVème siècle, sur des bases hindouistes. Vajrayāna pourrait s’interpréter "destructeur d’ignorance". D’après ce que j’ai compris (hum, hum…), elle repose sur l’acceptation et la compréhension de la vacuité, de soi et des phénomènes extérieurs. Ainsi, on en vient progressivement au détachement, à la compassion, à la sagesse. Deux types de moyens permettent d’y parvenir : certaines indications préconisent le renoncement aux émotions, jugées perturbatrices ; à l’opposé, les tantras encouragent l’utilisation potentielle de ces émotions, reconnues comme des qualités que l’on peut purifier, transformer. Pour moi, cela pourrait s’apparenter à l’alchimie spirituelle, où l’opérateur est la matière première qui se métamorphose, étape par étape. C’est de ce deuxième moyen qu’il s’agit, ici. Le Vajra symbolise cette catalyse. Pour y parvenir, des tantras, le yoga, la récitation de mantras ou encore des supports graphiques comme les mandalas (qui symbolise au sein d’un cercle l’environnement sacré des Dieux) ou les yantras (composés de signes géométriques stylisés). Les deux extrémités du Vajra représentent d’un coté le Saṃsāra, l’état d’ignorance, avant l’initiation et de l’autre, le nirvana, l’accomplissement, l’Eveil. Les deux sont reliés par le Śūnyatā, que j’interprète comme le chemin initiatique qui mène de l’un à l’autre (la vacuité, qui est un concept que j’ai du mal à comprendre).   

Le préfixe Vajra s’ajoute devant de nombreux termes, marquant ainsi l’association avec des rites ou la philosophie tantriques. Ainsi, la belle Déesse est un déesse tantrique et elle porte le Vajra dans sa main droite.

De l’autre coté, Tara désigne une divinité féminine du bouddhisme tantrique. Très populaire, elle représente à l’origine la compassion mais elle a intégré des aspects de nombreuses autres divinités. On aurait recensé 76 formes différentes de Tara, et répertorié 108 noms !!! On peut les caractériser par exemple en fonction de leur association à une couleur. Verte, elle est protectrice ; blanche, elle est compassion, guérison, longévité, calme ; rouge, elle détruit les illusions et transmute les désirs ; jaune, elle apporte la richesse et l’abondance ; bleu, elle détruit les obstacles et élimine la colère ; noire, elle est le pouvoir. Comme la statuette, Tara la blanche est souvent représentée en position du lotus.   

Si je recompose, Vajratara est une déesse protectrice tantrique. Avant de commencer mes recherches, j’ai craqué par hasard sur un livre magnifique, chez un bouquiniste du quartier de la Sorbonne : la voie du Tantra, Art, Science, Rituel, de Ajit Mookerjee et Madhu Khanna. Qui sait, peut être un nouvel axe de recherches?! En tout cas, si quelqu’un a des informations supplémentaires sur Vajratara, je prends !!! En particulier, j’ai l’impression qu’il y aurait un lien avec le Reiki, mais j’y connais pas grand chose… Je continue l’enquête!


Publié dans casse méninge

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Le rÎdeur 15/09/2007 01:20

Pour les gens qui seraient férus de science fiction et de mythologie indienne, on ne saurait trop recommander le livre "Lord of Light" de Zelazny, qui dépeint les aventures d'une colonie de terriens sur une planète éloignée... thème banal s'il en est, le livre est intéressant car cette colonie a recréée une civilisation sur les base de la civilisation indienne, leur technologie leur conférant des pouvoirs divins aux yeux de la population : tout le panthéon védique y passe, et le principal opposant à l'hégémonie des "dieux" (un ancien de ces dieux par ailleurs) se fait appeler Bouddha... à lire!Le rodeur, critique littéraire

sarhane 15/09/2007 11:22

Je ne connaissais pas celui-ci!!!! Merci Rodeur! Tant qu'à évoquer Zelazny (hiiiiiiiii, j'adore), je signale le cycle des princes d'Ambre, qui met en scène le combat entre le chaos et le monde organisé est fantastique. Une vrai merveille de SF.BizSar