Samain

Publié le par sarhane et séléane


On retrouve Samain sous les noms de Oiche Shamhna en gaélique, Shadowfest, Martinmas, Old Hallowmas en Ecosse, Hallowe'en, All Hallow's Eve (qui veut dire Veille de la Toussaint) ce qui donna Halloween. C’est également le Jour des Morts, la Fête des Esprits, la Troisième récolte, la fête des pommes... Christianisée, elle fut baptisée Veille de la Toussaint, où l’on commémorait l’âme des défunts. Pendant des siècles, les croyances païennes et chrétiennes se sont mêlées en un ragout de rites à cette période charnière du cycle.

Fêtée autour du 31 octobre, Samain est un Sabbat mobile, lié à l’astre nocturne. Personnellement, je considère Samain comme le milieu de la Grande Nuit, amorcée avec le déclin du Soleil au 21 juin. D’autres y voient l’entrée dans la moitié sombre de l’année.

 

Marie des Bois dans S comme Sorcière nous dévoile l‘ambiance unique de ce jour sacré :

« Halloween est la « Nuit des sorcières », vibrant de tous les sortilèges. Les Dames de pouvoir se mêlent à la nuit, les secrets affleurent, les deux mondes se mêlent. Samain, tout s'embrume, le royaume des ombres s'ouvre. L'Esprit des Anciens va féconder celui des vivants. Les Dieux sortis des tertres ou des étoiles vont s'unir aux filles des mortels et régénérer la race des humains. Samain, 40 jours après l'équinoxe d'automne, début de la saison sombre, aux longues Nuits animées par les Feux de sortilèges et de mémoire... »

Samain marque une transition entre les activités d’extérieur et le monde intime de l’hiver. Les troupeaux sont descendus des pâturages d’été et rejoignent l’étable, les récoltes sont meulées et entassées dans les granges. Les fêtes s’étalaient sur presque 2 semaines et réunissaient les classes productive, guerrière et sacerdotale, autour de banquets et de rites. De grands feux étaient allumés par les prêtres. D’après Maara Freeman, les jeunes gens allumaient des torches aux brasiers et portaient leurs lueurs au travers des champs. Certains affirment que les feux de cheminé étaient allumés à partir de ces torches pour bénir les habitations (transmission du feu sacré). Les cendres récupérés sur les sites des ces grands feux étaient répandus ensuite sur les champs, ce qui protégeaient et enrichissaient les sols. De plus ces lueurs éloignaient les mauvais esprits. Ces traditions auraient perduré en Irlande jusqu’à la première guerre mondiale.  

 A l’occasion de Samain, le Voile se soulève vers l’autre Monde, le Sidh, le Tertre des Dieux et des faéries. Ce phénomène est reprit dans de nombreux récits épiques irlandais. Certains voyageurs perdus, aux abords des portes, pouvaient apercevoir la sarabande des esprits. Les plus aventureux faisaient apparaître une porte dans ces collines en en faisant 9 fois le tour. Pour d’autres peuples, ces terres du mystère se trouvaient sur une île, au loin (nous retrouvons l’idée de l’eau qui protège, entoure, retire aux regards des non initiés), comme la mythique Tir na nOg, pays de l’éternelle jeunesse, située dans une lointaine île de l’Ouest. Nous pouvons voir dans la belle Avalon la subsistance de ce mythe celte. Certains héros à l’invitation d’une messagère divine, une Bansidh, s’y vivaient des heures agréables et se rendaient compte, une fois revenus chez les mortels, que des siècles complets s’étaient écoulés. D’autres y épousèrent des Fées et y demeurèrent à jamais.

C’est une fête ambiguë : d’une part elle suscite la peur des esprits, qui rodent à nos fenêtres et viendraient hanter les vivants, d’autre part, elle donne la joie d’honorer les êtres chers, défunts dans l’année. Dans les traditions païennes, ces esprits sont à la fois bons et terrifiants. Errants dans la campagne, le défilé des morts se rend vers l’autre royaume. Les masques et les costumes effrayants que les hommes portaient étaient sensés faire fuir les esprits malfaisants. C’est sans doute aussi une façon de se confronter à sa part obscure.   

Pour les Wiccans, c’est le moment où le Dieu meurt. La Déesse prend le visage de la Vieille Femme, elle ouvre les entrailles de la Terre Mère pour y porter les âmes, elle assiste dans la Mort. Elle nous enseigne la Sagesse. On fait appel à elle pour se débarrasser de ses mauvaises habitudes. La nuit de Samhain, on les note sur un papier que l’on brûle. On prolonge ainsi l’introspection initiée à Mabon. On peut également se fabriquer son balais de sorcière (avec des branchilles sèches ramassées dans la forêt), laisser une assiette avec des mets pour les défunts à l’extérieur de la maison, planter des graines de saison, fabriquer des lanternes à partir de citrouille.


Publié dans casse méninge

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