Dagda

Publié le par sarhane

Dans le panthéon Celte, Dagda est le Dieu qui sait tout et qui peut tout. Ce « bon père » (dea Dia) protège la tribu. Cela dit, l’adjectif « bon » n’est pas une référence morale –loin de là- mais exprime le fait que ce Dieu primordial est omnipuissant. Il possède des artéfacts magiques d’une grande puissance :

- Le Chaudron d’abondance qui ne désemplit jamais. Il symbolise la Terre nourricière et il est l’archétype du Graal du Cycle Arthurien. (illustration le chaudron de gendestrup)

- La massue de Dagda, tellement lourde que 8 hommes sont nécessaires pour la manœuvrer et qu'elle peut laisser dans le sol un sillon si profond qu’il sépare les mondes. Une extrémités de la massue tue quand l’autre ressuscite, conférant Dagda une dimension guerrière et un pouvoir suprême sur la vie et la mort.
La massue de Dagda et le Chaudron d’abondance proviennent de la terre de Murias, l’une des 4 îles aux nord du monde, gouvernée par le Druide Semias.

- Une Harpe magique : Dur Dabla, Daurblada ou encore Coir Cethar. Cet instrument a la propriété de jouer toutes les mélodies du monde, à la demande du Dieu. L’air du rire évoque la jeunesse ; l’air de pleurs correspond à la vieillesse et l’air du sommeil se rapporte à la mort. Dagda est donc le Dieu protecteur de la musique et des Arts. Cette harpe permet également d’accélérer la croissance des végétaux et donc de modifier le déroulement des saisons.

Ces trois premiers objets se réfèrent aux trois classes indo-européennes : le Chaudron à la classe productrice ; la Massue à la classe guerrière ; la Harpe à la classe sacerdotales.

Enfin, Dagda possède une roue solaire, qui aurait le pouvoir d’aveugler et d’assourdir ses ennemis. Cet objet symbolise le pouvoir cosmique et se rapproche de la roue solaire associée à Taranis, le Dieu Gaulois du ciel, du tonnerre et de la foudre.

Dagda connaît de nombreux sortilèges : il est aussi le Dieu des Druides.
Son nom Eochaid signifie « qui combat l’if ». L’If est une plante magique pour les Celtes associé aux mondes funéraires (ces fruits sont toxiques). Vert en toutes saisons (photo), l’if évoque l’éternité. Ainsi, j’imagine que le fait que Dagda soit celui « qui combat l’if » pourrait s’interpréter « celui qui combat la mort ». Dagda contôle la vie et les saisons, donc le temps.

Dans les légendes, Dagda joue un rôle majeur dans la bataille contre les fomoires. Puis, quand les Tuatha de Danan furent demis par les fils de Milesius, il fut responsable de l’installation des Dieux sous terre. 

 
Si Dagda est le Dieu des Arts, de la connaissance et de la magie (Ruadh Rofhessa signifie "Rouge de la Science idéale"), il n’en est pas moins ripailleur, ventru, paillard. Il s’accoupla avec de nombreuses femmes et déesses qui lui donnèrent une progéniture abondante. Ses amours avec les Déesses telluriques permettent la fertilité de la Terre et scelle l’alliance entre la Nature et les Hommes, les fils de Dagda. Il connut Boann, la femme de son frère Elcmar. Le nom de cette Déesse majeure se traduit par «Vache Blanche» et elle apporte la prospérité. Dagda éloigna son rival par la ruse et fit durer ces ébats avec la belle déesse 9 mois, qui ne parurent qu’un seul jour à Elcmar. De cet adultère naquit Mac Oc (le fils jeune), aussi dénommé Oengus (choix unique). Dagda fut l’amant de Morrigane et le père de Brigit, de Bodb Dearg, de Cermait, de Midir et d'Aine.

En plus de ses prouesse amoureuses, Dagda est connut pour son appétit légendaire. Au cours de la bataille de Magh Tuireadh, il profita de la trêve du nouvel an pour se rendre chez ses ennemis les Fomoires. Ces derniers lui donnèrent pour défis de manger un porridge, fait de lait, de farine, de graisse, de cochon, de chèvre, suffisant pour rassasier 50 hommes. Dagda réussit à engloutir tous le plat et se transforma pour un temps en vieillard obèse. Généralement, il apparaît comme un Dieux ventripotent, aux épaules larges, vêtu d’une tunique à capuchon     

Dagda est donc un Dieu qui tient une place de choix dans le panthéon celte et qui rassemble de nombreux aspects : divinité du peuple par son aspect paillard, bon vivant et père fertile ; il est également un guerrier, un barde et un magicien.image.

Publié dans casse méninge

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article