
Je ne pouvais pas laisser passer une info pareille : voici un jeune
daim italien… qui a une corne au milieu du front. Il arrive qu’un cervidé naisse avec un bois au lieu de 2, mais placé au milieu de front, en voilà une nouvelle !!!
Cette année, je rentrais très tôt en hibernation, aux alentours de Mabon, et depuis ma relation avec le « Divin » (quelque soit le visage ou la
numération que ce « Divin ») s’est prise dans une toile de glace, immobile et froide. Maintenant que le printemps est là, je cherchais un moyen de réchauffer un peu tout çà.
Je me rends compte que je surintellectualise foi et pratiques. Derrière chaque Déesse, je colle un archétype ; à chaque évènement, son acte manqué ou réussit qu’il faut interpréter. Je dis parfois, en rigolant à moitié, que je fais de la psycho-magie. Par exemple, je considère que la psychosomatisation –que je m’autorise à sortir du cadre médical pour l’élargir à une définition du type « comment notre cerveau donne corps à nos états internes (émotions et croyances) »- est une chose exceptionnelle et pas simplement une curiosité neuronale. Quant aux divins, j’intègre tous ces panthéons (c’est la partie « la Déesse et le Dieu en nous ») comme étant des facettes exprimés des milles et un état de la conscience (et peut être subconscience et associés). Cette façon de procéder à des effets pervers : éloigner les Divinités en diminuant leur impact sur la réalité à l’extérieur de moi-même, en les réduisant à des mythes qu’il faut disséquer avec l’œil froid du scientifique, en les privant de leur vie propre. Bien sûr, il y a la Nature au dehors, incroyablement riche et mouvante ; mais une fois de plus je n’arrive pas à La considérer comme leur manifestation. Les Dieux et les Déesses que j’invoquais derrière la moisson, l’Hivers ou les floraisons, n’étaient que des masques, des interprétations psychologiques de processus biologique. Entre parenthèses, je n’ai curieusement pas du tout cette difficulté avec des créatures élémentales –ondines, effrits, gnomes et sylphes- et même le petit peuple, lutins, poulpiquets et fées des bois- avec lesquels j’ai beaucoup d’affinité.
Pourquoi les Divinités me posent-elles tant de problèmes ??? Peut être parce que j’ai oublié : 1. le plaisir de se laisser porter par le rite, 2. que je suis bien peu de chose et que le monde s’étend bien au-delà du champ d’action de ma conscience et de celle de mes congénères sapiens : bref « les Divinité hors de nous ». Et cela m’a demandé un gros effort pour revenir sur quelque chose d’aussi simple, d’aussi basique que cela. Je ne pense pas que pour un Celte, Dagda n’était qu’un symbole de la « force guerrière masculine » sur lequel il fallait longuement réfléchir pour intégrer ces aspects et résoudre les situations du quotidien (par exemple une hache arrivant droit sur vous ou une machine à café en panne). Non, il me semble que c’était une Personne, pas une construction intellectuelle.


J'ai reçu pour Yule un cadeau assez étrange et amusant tout droit venu des Etats Unis : un rocher sur lequel grandissent des cristaux.
La notice dit que c'est un minéral naturel que l'on trouve dans l'Utah et que l'on peut retrouver des réactions similaires dans des caves.
La pierre initiale est grise, un galet tout ce qu'il y a de plus normal. Mais quand on le plonge dans le vinaigre blanc et qu'on laisse l'évaporation se faire, de fins cristaux blancs commencent
à pousser comme par "magie".
L’année celte commence à Samhain, à la mort du Dieu et non pas fin décembre où le soleil renaît. Les arbres ont perdu leur parure, « Balade d’hivers, couleurs d’automne » (mille et une nuit), de Henry David Thoreau est une petite merveille de littérature qui me conduit dans cet univers glacé, lent et poétique. L’auteur observe cette Nature épurée, dans laquelle chaque détail prend de l’importance, où la lumière rasante révèle d’autres aspects.
« Une blême lumière d’airain à l’est annonce l’approche du jour, tandis qu’à l’ouest le paysage a encore quelques chose d’indistinct et de spectral, noyé dans une sombre lumière tartaréenne, pareil aux royaumes des ombres. »
Bonne balade au cœur de l’hiver...


1/ Horrible et repoussante vieille femme en perverse activité avec le diable
2/ belle et attirante jeune personne, dont les perverses activités dépassent le diable
Ambrose Bierce
Le dictionnaire du diable

