Eh oui, Yule a été riche en cadeaux "sorciers", celui-là c'est ma chère
soeurcière qui me l'a offert ;-)
Bon, d'accord, il est en anglais mais tellement agréable et facile à lire même quand on est loin d'être anglophone (et puis c'est l'occasion ou jamais de s'entraîner sur des textes
intéressants!)
L'introduction est faite de textes de divers auteurs présentant quelques bases du paganisme.
L'agenda permet de suivre les cycles de la lune, les mouvements des planètes, les jours pour planter ou récolter les plantes, chaque jour est associé à une couleur en fonction du jour de la
semaine et des inflences planétaires et quelques évènements marquants divers et variés sont rappelés : lois, naissances et morts de grands ésotéristes, nouvel an chinois...
Chaque double page présente une semaine associée à un court texte : recette, prière, ...
De quoi noter ses petites aventures quotidiennes tout en restant connecté aux "évènements sorciers" et en se régalant les yeux (illustrations simples mais très émotives).
Voici un très beau cadeau de Yule que m'a fait un ami.
Moi qui suis passionnée de plantes et de druidisme, c'est très bien choisit.
Les cartes sont belles et remplies de symboles. On y voit une plante mais aussi un ou plusieurs objets ou animaux symboliques dans un contexte naturel très celtisant.
Le blé est par exemple associé à une croix de Brigit symbolisant Lugnasad.
La Garance offre ses fleurs à un papillon. Elle pousse à côté d'un sureau auquel est accroché un foulard rouge (teinté par la Garance) symbole de vitalité et de fertilité. Une statue de la déesse
renforce encore la symbolique de cette carte.
Le livre est plus simple mais très bien tourné.
Il commence par une courte introduction ressituant les cartes dans leur contexte druidique et en donnant l'utitlité.
Suit une description de chaque carte : nom, nom latin, mots clés d'interprétation, descriptif plus précis, propositions d'interprétations, légendes ou petits faits historiques se rattachant à la
plante.
Les auteurs proposent ensuite diverses utilisations des ces cartes allant de la divination avec plusieurs formes de tirages à la médiation.
En bref un ensemble trèa agréable et plein de promesses.
Ce livre (disponible collection folio essais) a semble t'il boulevrsé l'ethnographie moderne dans les années 70. J'en donne ici un petit résumé personnel. L’auteure se détache de la démarche classique. Elle se focalise sur la « lutte à mort » dans un « duel de sorcellerie » et la façon dont cette « crise » se déroule au travers des mots (accusation, non dit) dans le bocage normand. Elle s’oppose par là aux folkloristes, qui prennent les paysans pour des attardés superstitieux et se contentent de noter des « recettes de cuisine » en apparence naïves. En prenant un rôle actif (ce faisant passer pour ensorcelée ou désorceleuse, involontairement au départ puis en ne détrompant pas ces interlocuteurs), elle biaise en partie le récit. La présence de l’ethnographe, ses doutes, ses sentiments…font partie intégrante du document. Elle cherche pourtant à justifier de le caractère scientifique de son œuvre (entre autre en cumulant des schémas de situation en dernière partie de son ouvrage). Elle explique que cette façon de procéder, bien qu’imparfaite, est la seule possible pour réaliser une étude de la sorcellerie du bocage : « De tous les pièges qui menacent notre travail, il en est deux dont nous avions appris à nous méfier comme de la peste : accepter de participer au discours indigène, succomber aux tentations de la subjectivité. Non seulement il m'a été impossible de les éviter, mais c'est par leur moyen que j'ai élaboré l'essentiel de mon ethnographie. » (Jeanne Favret-Saada)
Ce travail repose sur les récits de bocains pris dans de sordides histoires. Les situations professionnelles, psychologiques, familiales et sociales des protagonistes d’environs 4 cas particuliers sont minutieusement décrites.
Voici les personnages principaux de ce drame champêtre :
- le sorcier : est un jaloux qui s’attire le bien de ses victimes en posant des charmes et des maléfices. Il tire son pouvoir de livres mauvais et il est dévoré par son pouvoir s’il n’en fait pas l’usage. Sa famille est le vecteur volontaire ou inconscient de sa puissance. Au cours de ses recherches, l’auteure n’a pas pu interroger ces personnages : nul sorcier désigné ne s’admet comme tel. De plus, si jamais elle entend parler d’un sorcier (par ses victimes), il serait perçut comme trahison le fait qu’elle recueille son témoignage. Tout long de l’ouvrage, nous n’aurons donc que le point de vue des accusateurs.
- L’ensorcelé : se désigne comme tel quand la succession de malheurs prend une allure surnaturelle (perte de récoltes, de bêtes, la maladie, en particulier quand elle touche le chef de famille –le seul véritablement visé par le sorcier) et ne peut plus s’expliquer par la science moderne ou dite « science positive » (médecin, vétérinaire).
- Le désorceleur / desorceleuse : possède, comme le sorcier, des pouvoirs qu’il peut lui opposé. A la différence du sorcier, ce n’est pas un jaloux. Il tire un salaire de son travail, mais ce n’est pas sa principale source de revenu. Les biens soustraits à la victime seront rendus, un excédent sera enlevé au sorcier comme une sorte de leçon, mais ce n’est pas le désorceleur qui en sera bénéficiaire. On ne sait rien ou presque de ces bienfaiteurs de l’ombre, capables de s’impliquer dans une lutte à mort. Ils sont eux-mêmes paysans, décrit comme ayant le sang fort. Rien à part leur réputation ne les distingue des autres habitants du bocage.
- Enfin, le village. Les paysans ne supportent pas d’être considérés comme des superstitieux archaïques et nient l’intervention du magique dans la situation de l’ensorcelé, l’emmurant dans le silence. Il faut généralement l’intervention d’un ancien ensorcelé qui joue le rôle d’ « annonciateur » pour amorcer la recherche d’un désorceleur, à l’extérieur du village.
La crise se déroule en plusieurs temps. Le sorcier fait le tour des biens de sa future victime, ils posent des envoûtements sur sa propriétés (par exemple des beurrés, sorte de végétal globulaire se chargeant d’un liquide laiteux au détriment de la richesse en lait des vaches) ou sur lui même (poignées de main, prédictions…). A partir de là, l’ensorcelé voit sa propriété et parfois même sa santé décliner. Après s’être adressé aux médecins, puis au curé pour un désenvoûtement, s’être confronté à l’impuissance des uns et à l’incrédulité des autres, il ne lui reste plus de solution dans le cadre du village. Une autre personne, souvent de la famille, suggère l’intervention d’un sorcier. L’annonciateur propose à l’ensorcelé de le conduire à un désorceleur de sa connaissance. Le désorceleur pose un diagnostic (il y en a beaucoup, ils sont très forts, ils sont proches de vous…). S’il accepte le cas, il demande à son client de ne rien lui cacher des événements pouvant être lié à la situation (perte, coïncidences, querelles de voisinage…). Une fois le (ou les) sorcier(s) désigné, les ensorcelés ne devront plus entretenir de contact avec leur ennemis (duel de regards…) ce qui exclut complètement une explication entre les deux parties. Puis le désorceleur va accomplir des actes magiques : planter des clous dans un cœur de bœuf, faire sauter du sel dans une poêle chauffée au rouge… Ces actes ont pour but la souffrance du sorcier. Le sorcier alors s’oppose au désorceleur et il s’engage entre eux une lutte à mort (contorsion, douleur, folie, mort). Jusqu’à ce que l’un des deux triomphe. Si c’est le sorcier, l’ensorcelé devra s’adresser à un désorceleur plus puissant ; dans le cas contraire, le sorcier périclitera à son tour (perte de bien, vente de la ferme, maladie, mort).
Certains ensorcelés furent au départ accusés d’être des sorciers et la genèse de leur propre malédiction viendrait de là. Malheureusement, comme ils ne peuvent avouer au désorceleur l’origine de l’histoire, ils finiront par occulter l’accusation initiale et se retourner contre quelqu’un d’autre. On imagine comment ces histoires peuvent se répercuter sur des générations sans qu’une solution puisse juguler ces batailles à coup de sorcellerie.
Si j’ai trouvé des références intéressantes et un autre regard sur le monde de la sorcellerie paysanne, j’ai quelques regrets : aucun témoignage de sorcier, rien sur la formation et les convictions des désorceleurs. Dans le fond, l’auteure elle même est septique quant à l’existence d’un pouvoir magique réel, si ce n’est celui des mots : ceux qui accusent (menant au malheur du sorcier) et qui rassurent ou angoissent (quand le désorceleur à finit sa tache). Des maréchaux ferrants, des guérisseurs, de ceux qui connaissent les simples… il n’en est jamais question, probablement parce que leur rôle ne se développe pas forcément dans une perpétuelle lutte d’intérêt mais participe à un autre équilibre.
Petit aperçu de l’Histoire des magies (toujours dans les curiosités, les titres donnés dans le sommaire ne correspondent pas à ceux des paragraphes dans le texte lui même!!! Je penche pour l’hypothèse d’une fantaisie des éditeurs):
SOMMAIRE :
- Introduction
-
Les rites de la Mésopotamie : les démons toujours présents / Un monde dualiste / Les Dieux-planètes régissent le monde / la fascination du métal
Dragon mésopotamien
- Zoroastre et la Perse : la religion chaldéenne des étoiles / La doctrine de Zoroastre / Belzébuth, dieu des mouches
- Idoles des Hébreux : les dieux ingrats / la fascination des pratiques occultes étrangères / Istar, réceptacle de la vie / La magie est une réalité / Jacob et Moïse / Divination de l’avenir / Des temples pour tous les cultes
Le veau d’Or de Poussin
-
Les croyances de l’Egypte : Le sphinx impose le silence / la terre des
statues magiques / Pour une éternité heureuse / Le mythe d’Osiris / Le livre des morts / Pouvoir magique du nom / Méfiez-vous des fantômes / Les multiples noms d’Isis / La sagesse des nombres
Papyrus représentant la première quête d’Isis
-
Les philo
sophes hellènes : Le monde de Platon / L’arithmétiques se perd dans le merveilleux / Le cercle enchanté / L’avenir dans les songes /
L’interprétations des rêves / Quand les défuns reviennent parmis les vivants / La craintes des heros demi-dieux / L’oracle de Delphes / Ptolémée et la science des astres
La pythie de Delphes
- Les sectes gnostiques : Pour une suprématie de la religion d’Etat / Incantations magiques / L’âme doit traversée les Eons / Le difficile voyage vers le ciel / Simon le magicien / La grande secte de ophites
Chapiteau représentant la chute de Simon le magicien (Eglise Saint Lazare d’Autun)
-
Rome et la magie : L’empereur contre la magie / Deux milles livres chaldéens brûlés / La magie privée devient un commerce /
Philon et Plotin / Une justice à double tranchant / Julien l’Apostat / Puissance et gloire du roi Hélios / Persécution des philosophes
Janus, le Dieu au double visage
- Les érudits du Moyen Age : Le rocher solide de l’Eglise / Message de Mahomet / Michel Scot expie ses crimes de magie / Raymond Lulle, précurseur de missionnaires jésuites / Arnold de Villanova / Albert le Grand et les pierres magiques
Allégorie de l’Alchimie
- Le diable et ses aides : Un problème tabou / Le diable est partout / L’âge d’or du diable / Divers portraits du diables / Les joyeux démons / Les légions de Satan / Tous les noms et toutes les formes
- La chasse aux sorcières : Les troubles de Jeanne des Anges / Comment expulser le démon / Quelques cas de possessions / Le rassemblement du Sabbat / Les sorcières de Dürer et de Baldung / La griffe du diable / La misère du peuple / Petit guide de la sorcière / Détruire les sorcières / Bourreaux et victimes / Un carnaval sacré / Les procès de sorcellerie / La « Démonologie » de Jacques d’Angleterre / Le retour du bon sens / Persécuter augmente le mal
Trois
femmes et trois loups d’Eugène Grasset (que je trouve somptueux)
-
Les rites diaboliques : Ruser avec les puissances infernales / L’archisorcier Johann Faust / Mœurs des spectres / Du grand art de parler aux morts
-
Les mages renaissants : Railleries contre les merveilles occultes / Pic de Mirandole / Trithème et le goût de l’occultisme /
Agrippa de Nettesheim / La philosophie occulte / Paracelse et la volonté de tout rendre visible / Les prédictions de Nostradamus / Guillaume Postel / Pota et la magie naturelle
Portrait de Cornelius Agrippa
- La cabale : les premiers cabalistes chrétients / La découverte du sens caché / Par le pouvoir du verbe / Le livre Yetzirah / Son Nom ineffable et sublime / Le Verbe est Dieu
- Les arts magiques : La musique et l’univers / La signification des grains de beauté / Les rides du front / La physiognomonie de Coclès / Lire dans les lignes de la main / Le jeu de tarots / La Voie royale / Le bateleur, un des arcanes / Le tarot est dangeureux
Le bateleur, la lame I du tarot
- Le dix-huitième occulte : le jansénisme et ses miracles / Présence des vampires / La science contre la magie / Triomphe et chute de Mesmer / Les loges maçoniques / Le mage alchimiste Cagliostro / Qui était le comte de Saint-Germain ?
Symbole franc-maçon
- Conclusion : la magie, mère du progrès scientifique et social / Un pas vers la connaissance / Un stimulant de la pensée
Voici un ouvrage intriguant. La couverture a attiré mon
œil chez le bouquiniste : des plans architecturaux inachevés, des lignes rayonnantes, une lettre P en dorée (les ed. « encyclopédie planète »), pas de nom... Hum ??? Je saisis
le livre, je feuillette le sommaire, je suis charmé par la mise en page originale et les illustrations. Hop, dans ma musette.
Comme une jeune fille bien sage, j’ai commencé par la préface de Jacques Bergier (un monsieur qui a l’air d’avoir eut une vie
particulièrement intéressante). Cette partie porte le titre affriolant de « La magie, science fossile ». Les croisements « science-magie » sont l’un de mes sujets préférés,
étant fille de ces deux domaines. C’est donc frétillante d’impatiente que je m’y plongeais. J’oubliais qu’il s’agissait d’un ouvrage des années 60. Les descriptions manquent d’objectivité, que
les sources sont évasives et les démarches scientifiques paraissent douteuses. Dans ce cas, on peut conclure ce qui nous chante. Je suis peut-être sévère : c’est une préface et il faudrait
des ouvrages entiers pour parler de ce sujet, mais quand même, je fus passablement refroidie. Il faudra donc que je recoupe les informations que je pèche dans ce livre. Soit ! Cette première
désillusion passée, j’ai trouvé que l’ouvrage fourmillait d’anecdotes intéressantes sur les mythologies et rites du passé (je suis encore dans l’Antiquité). Au contraire de la préface, la
bibliographie est claire et on trouve même un petit dictionnaire sur les termes propres à l’ésotérisme (voir sommaire). L’auteur ouvre des pistes de recherche et de réflexion. Bref, à lire avec l’esprit critique mais ouvert.
Petit regret personnel : le choix de l’auteur est de
disserter des traditions occidentales (on ne peut pas tout faire certes). Cependant il reste centré sur le monde chrétien Européen (ses racines au Moyen-Orient et en Asie, son émergence, sa
domination). Aucune mention n’est faite des origines Celtes, de l’histoire de Viking, …
Cela dit, j'en suis venue à me poser des questions sur l'auteur: on ne possède pas 300 livres de magie par hasard...
Enluminure : Esculape comtemplant le Basilic, Raoul Lefèvre, histoire de Troye
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